19 septembre 2009

Sacré Jésus




La vie de petit d'homme est difficile parfois. Prenez Jésus et la Croix. Une vie d'ascèse mais sans doute aurait-il apprécié le confort moderne d'un chariot de manutention en fin de parcours. Quoi qu'il en soit, j'ai gardé une parcelle de mon âme d'enfant que je cultive avec persévérance. Oui, décidément, je suis...

27 mars 2009

Le chemin

Des yeux chocolat
Une boucle de cheveux mutine
Un large sourire
De petites tâches de rousseur
Semées par un Dieu inspiré
Et la musique de tes mots
Pour accompagner
Les jours et les nuits

Il est des visions qui éclairent le chemin.

18 mars 2009

Eclosion

Non tu ne me fais pas souffrir
La solitude est épine, toi églantine 
Sème un baiser, une caresse
Mon coeur frémit
Qui sait, au printemps...

Dans un dernier effort
Il décolle les pieds
D'un sol devenu stérile
Bras tendus
Vers un soleil nouveau

4 mars 2009

Pour un battement d'elle

Ainsi il va falloir réapprendre les distances. Négocier les sens uniques. Esquiver les pièges tendus à un coeur trop prompt à s'emballer. Ne pas rester suspendu à l'écho de cette voix amie. Un numéro de funambule. 

1 mars 2009

Rock Bottom

Rock Bottom. Littéralement le «cul de pierre». Disque rock majeur composé et interprété par Robert Wyatt, pape de la musique progressive, ancien batteur de Soft Machine. Ecouté une première fois il y a quelques années sur les conseils d'un ami. Réécouté tant et tant de fois depuis. Robert Wyatt enregistre cet album après une défenestration accidentelle qui le laissera paralysé. Un maelstrom d'émotions jaillit à chaque morceau. C'est triste, gai, chanté, psalmodié, structuré, déstructuré. La vie. Ecoutez Sea Song. Ca vaut tous les discours.

28 février 2009

Cristallisation

Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections (Stendhal).
Ainsi mon amour s'est cristallisé jusqu'à cet instant où tu m'as dit "no thanks". Temps et sentiments qui se condensent puis s'éparpillent façon puzzle. L'édifice aurait pu céder sous le ressac des larmes amères. Il n'en est rien. Je garde ton amitié, précieuse.

27 février 2009

Litanie

Je voudrais dire la souffrance qui paralyse une vie. Je voudrais dire la douleur qui envahit le corps jusqu'à la nausée. Je voudrais dire les ciels étoilés au fond des yeux qui n'éclairent personne. Je voudrais dire l'infini des possibles qui jamais ne sourit. Un jour je ne serai plus. Il n'y a aura pas d'après. Nous sommes intimement liés aux processus biologiques qui nous animent. La dualité du corps et de l'esprit est une chimère d'homme libre. Elle ne fait pas partie de mes bagages. Ainsi soit-il.



26 février 2009

No sex last night

Une amie de dix ans
Un lit partagé, finalement
Ma main jouant dans ses cheveux
Caressant une joue, un bras
Ma main dans sa main, finalement

Un peu de chaleur humaine histoire d'oublier le quotidien. Ou de le vivre tout simplement. Je n'ai pas dormi cette nuit là. Ou si peu. Enlacé dans ses bras...

25 février 2009

Happy end

-Dis, t'aimes la poésie Meo ?
-Deux trois recueils oui.
J'ai sous les yeux un portrait d'Elizabeth Browning. Regard évanescent encadré de longues anglaises. Mélange de douceur et de résignation. "Une personne pâle et à peine incarnée", soumise à l'aliénation d'un corps malade (1). Elizabeth vit recluse dans la propriété familiale londonnienne de Wimpole Street.
I thought once how Theocritus had sung
Of the sweet years, the dear and wished for years,
Who each one in a gracious hand appears
To bear a gift for mortals, old or young :
And, as I mused it in his antique tongue,
I saw, in gradual vision through my tears,
The sweet, sad years, the melancholy years,
Those of my own life who by turns had flung
A shadow across me.
La forme du sonnet est certes solennelle mais elle me semble faire écho au carcan d'une existence pesante.
Vous semblez avoir pleinement bu à la coupe de la vie, illuminé par le soleil. J'ai vécu seulement intérieurement - ou avec la tristesse, pour toute émotion forte. Avant l'isolement de ma maladie, j'étais seule encore - et il est peu de jeunes femmes dans le monde qui n'ont vu davantage, entendu davantage, connu davantage la société que moi... (2)
Ou bien encore
Ma famille était si habituée à l'idée de ma vie perpétuelle dans cette chambre que, pendant que mon coeur se dévorait lui-même, leur amour pour moi était rasséréné, et, à la fin, le mal devint à peine perceptible. [...] Nous nous habituons tous à la pensée du tombeau : et j'étais enterrée. Même ma poésie... était quelque chose d'extérieur à moi-même." (3)
"Même ma poésie était quelque chose d'extérieur à moi-même". Comment en exprimer plus clairement la vocation ? Poésie de la douleur et des chimères. Reprenons. Elizabeth a la quarantaine. Elle est tuberculeuse, dépressive, n'a probablement jamais connu d'homme et s'interroge :
Straightway I was 'ware,
So weeping, how a mystic Shape did move
Behind me, and drew me backward by the hair,
And a voice said in mastery while I strove, ...
'Guess now who holds thee ?' - 'Death', I said. But there,
The silver answer rang... 'Not Death but Love.'
Vous conviendrez qu'on peut difficilement lui tenir rigueur d'un peu de mysticisme. L'Amour en question s'incarne en la personne de Robert Browning, poète. Il l'arrache à l'autorité d'un père tyrannique. Ils se marient secrètement en l'église de Marylebone puis s'enfuient en Italie. Ils vécurent heureux et eurent un enfant...
The face of all the world is changed, I think,
Since first I heard the footsteps of thy soul
Move still, oh, still, beside me, as they stole
Betwixt me and the dreadful outer brink
Of obvious death, where I, who thought to sink,
Was caught up into love, and taught the whole
Of life in a new rythm. The cup of dole
God save for baptism, I am fain to drink,
And praise its sweetness, Sweet, with thee anear.
The names of country, heaven, are changed away
For where thou art or shalt be, there or here;
And this... this lute and song... loved yesterday,
(The singing angels know) are only dear,
Because thy name moves right in what they say.
Happy End.

1) Nathaniel Hawthorne.
2) Lettre adressée à Robert Browning.
3) Lettre adressée à Mrs Martin.

23 février 2009

L'idéal

J'écoute l'idéal de Barbara Carlotti en boucle. Une voix douce qui conte l'amour et la nature sur des arrangements légers.


Une éclaircie au coin du mur
Me laissait imaginer
Un soleil plus chaud et plus sur
J'espérais réveiller l'été
Vivre l'aventure
Et changer le cours des saisons
Et faire partir la floraison
Des roses roses dans mon salon